Apparence

Autant que je me souvienne, j’ai toujours cherché ce qui me ressemble en chaque chose de la vie.

J’ai eu de multiple apparences. Bien sâge au collège, plutôt punk-rêveur au cheveux décolorés en blond au lycée. Quelques tentative d’être à peu près à la mode pendant mes années d’études, puis quand je travaillais en Allemagne. Mes cheveux, au fil du temps, se sont fait la male. J’ironisais en disant qu’ils devaient se faire chier sur ma tête, je les ai remplacés par une barbe, plus envahissante au fil des années.

J’ai totalement abandonné de me donner des airs aux alentours de 30 ou 33 ans. C’est à ce moment que j’ai commencé à vraiment grossir, a boire aussi. J’ai baissé les bras sur mon apparence, incapable de trouver quelques accoutrements qui me ressemblent. J’accorde mon apparence à l’importance que mon entourage, la société veut bien me donner, mais quand je suis seul à me regarder, le minimum est bien suffisant.

Pendant mon adolescence, mon père me disait : “la manière dont tu t’habilles, c’est ta carte de visite, on te jugera avant même que tu ais ouvert la bouche.” Je sais qu’il a raison, d’ailleurs, c’est ce que j’enseigne à mes enfants. Je pense aussi que l’apparence doit refléter ce qu’on voudrait montrer de son intérieur. L’habit ne fait pas le moine, mais il vaut mieux avoir l’air d’un moine quand on se trouve dans un monastère.

Ainsi, la démarche est quelque peu malhonnête, mais force est de constater que porter un costume pour aller au travail, s’habiller pour tel ou tel circonstance est pour moi une forme de travestissement. Au théâtre, dans les films, à carnaval comme dans le monde professionnel, on porte un costume. D’ailleurs, ne dit-on pas “se faire beau” ?

Aujourd’hui, je suis en congé. Pas de déguisement : chaussette, jeans troués au genoux, marinière à même la peau.

A force de changer d’accoutrement, on finit par avoir du mal à savoir ce qui nous ressemble.