En attendant mon vol

Sur les trottoirs gris anonymes,
Dans cet hôtel blanc espagnol,
Des passants là pantomimes,
Je t’écris et attend mon  vol.
J’ai hâte de te revoir, tu sais,
Je veux t’embrasser comme jamais,
Sentir la peau de celle que j’aime
Celle que tu as toujours été.
Sur mes sentiments, ma douce
Le temps n’a qu’un effet partiel,
Ma bouche effleurera ta bouche,
Tu es toi, unique et Rachel

En capitale

20/11/2015

Ca fait longtemps qu’on se connait,
Toi et moi et combien d’automnes
Faudra-t-il à l’ogre muet,
Pour tuer mes amours atones.

Oh toi, la grande ville capitale,
Paris, les gens que tu avales,
Sais tu au moins qui tu manges ?
Ceux qui en sortent, un jour, se vengent !

Laissés seuls sur le quai d’une gare,
Ils hantent et arpentent tes rues,
Pour nous tu n’as aucun égards,
Tu nous manges et nous recraches, nus.

Où étais-tu?

Et si les noms, sur grand écran,
Défilent dans le noir doucement
Repensant à l’histoire, tu vois,
Les lourds souvenirs d’autre fois

Péripéties, tords redressés,
Prisme opaque que tu étais 
Absente, présente ou bien perdue,
Que dois-je, penser de ce vécu ?

Qu’en était il quand tu disais,
Que mon père à moi tu l’aimais,
Quand vous dormiez dans cette chambre,
Sœur,frère et moi sombrions ensemble.

C’est terminé, le film tout vu,
Comment avons nous tous tenu ?
Notre histoire faite par des menteurs,
M’a protégé de vos malheurs

Je sais bien qu’elle fût ta souffrance
Elle est mienne aujourd’hui je pense
J’y songe souvent, tenant leur mains,
Futures adultes, petits bambins.

J’attend déjà leurs lettres et mots,
Me demandant, comme moi à toi,
Plume de larmes, rivière de sanglots,
« Mais quand est-ce que tu reviendras ? »
 

Troubles

Quand les mots viennent s’écraser en silence
Quand les choses changent tout autour de moi
Quand tu te blindes, figeant la romance,
Quand la vie manque, tout autant que toi

Le liseron (1) : Introduction

Le garçon, tout sourire et pieds nus de chair rose dans le sable chaud, tient un petite corde, tendue vers le ciel.
Très haut, près des oiseaux, un cerf-volant. L’objet plane, au regard de toute la plage environnante l’observe. « Papa ! Maman ! Ca y est il vole ! »
Son petit-frère tourne autour de lui, en lançant des « A moi ! A moi » . Plus loin, son père le regarde d’un oeil amusé, sa mère attendrie, tire sur une cigarette. La soeur des deux plus jeunes, entre deux coups d’oeil aux garçons de la plage, fixe l’objet de bois et de tissus voler au dessus d’eux.
Vu du ciel, la famille est belle. D’en bas, elle voit le cerf-volant s’approcher doucement du sol, l’enfant attristé.
Au fur et à mesure qu’il se rapproche du sol, l’objet au bout du fil  voit les aspérités, les déformations, le pics et les rocs se rapprocher. Le cerf-volant, en tombant, grossi à vu d’oeil.  Les hommes, femmes, enfants et parents qui semblaient si proche vu d’en haut ne le sont pas vraiment.
De loin, les gens proches semblent indissociables. De près, ils semblent posés les uns à côté des autres. De loin, les idéaux semblent inaccessibles, De près, tout est fait de peux de choses.