Indéfectibles

Ceci n’est pas un texte universel.
Ceci est un texte pour celle qui se fait appeller Alexander M.
Ceci est un texte pour Rachel P.

indéfectible

adjectif
(moyen français défectible, du bas latin defectibilis, sujet à défaillance)
Définitions : Qui ne peut cesser d’être, qui dure éternellement

Dans la chambre 304, 240, 814. Peu importe.
Dans un hôtel, une prairie ou chez moi ou lui. Peu importe.
L’esprit libre, torturé, occupé ou heureux. Peu importe.
Une vie stable en souvenir, ou maintenant prêt à partir.

Peu importe.

Dans ces occasions là, dans ces jours de rencontre, rien n’est gratuit. Chaque geste, chaque mot ont un sens. De passion ou de raison, rien n’est jamais vraiment laissé au hasard. Chaque geste, chaque mot sont des dons. Des dons de soi.

Quand on se voit, on se rencontre chaque fois. On se reconnait, on se connait, mais il y a toujours ce moment, le matin fatalement, ou nous avançons en éclaireur l’un envers l’autre. Dans nos vies proteïformes, à géométrie variable, dans cette haïssable clandestinité, son être aimable jailli du spéctacle ordinaire.
La vision de ses yeux change l’horizon.

« Oui, c’est bien elle » me dit mon esprit , constatant que les mots ,que quotidiennement je lis, s’accordent parfaitement avec l’adorable enveloppe charnelle que je vois. Dans le fond comme dans la forme, c’est elle. C’est celle qui …

Quand deux personnes se rapprochent l’une de l’autre, quand elle se rapprochent amoureusement, il y a toujours un moment où le nez plonge dans la chevelure de l’autre. Les yeux se ferment.

Les bras se serrent.
Expiration.
Soupir.
Plaisir.

A l’heure du départ, ce qui reste sert de pâture à ceux qui restent.
A l’heure du départ, la richesse ne se mesure pas à ce qu’on à pu amasser sa vie durant, mais à ce qu’on a pu donner, de son vivant.
Alors je donne à ceux que j’aime.

En se serrant plus fort, malgré les vêtements, les détails du corps apparaissent aux amants. Tout d’abord la chaleur, l’intention, derrière le geste, la force des bras, des doigts.
Peu importe le lieu, l’endroit, les conditions, j’aime poser mes mains sur ses hanches. Je regarde ses yeux, ses grand yeux magnifiques. Le temps s’arrête. Je voudrais lui dire des mots, je les cherche en mon esprit, mais aucun ne convient, aucun ne signifie ce que je ressens. Ca peut sembler péjoratif, mais elle me rappelle une jolie mésange bleue. Son visage adorable m’emplie la vue, je deviens son regard.
Mes mains glissent de ses hanches à sa taille et, si nous sommes au bon moment, au bon endroit, quelques vêtements tombent. Ses mains glissent sur mes bras. Quelques plaisanteries sont dites pour défier la réalité. Contre tout, contre tous, celle que j’aime est dans mes bras. A mon tour, au dessus ou en dessous de son pull, mes mains caressent son dos, ses côtes, pour remonter sur ses omoplates et la serrer contre moi.
Au travers des vêtements, ses seins désirables touchent mon corps et c’est sans peine que je m’imagine les embrasser.

Expiration.
Soupir.
Plaisir.

Dans cet instant, nous nous appartenons. Cet instant, c’est la définition du temps infini.

Nous sommes dans un lieux intime et tenu secret.

Ca n’est pas un film. Ca n’est pas une vue idyllique. A peine une vie romantique. Deux amants, dans une chambre, quoi de plus ordinaire, condamnable ? Pourtant, dans ce mystère, je tiens l’être adorable. Je lui donnerais tout, pour pour peu qu’elle soit mienne. Par ce que, malgré les remous, pour sûr, je suis à elle.

J’enlève son pull, elle ouvre ma chemise. Les respirations passent moins vite que les secondes. Passant ma main au dessus de son bras, je touche son épaule. Aussi frêle qu’elle soit, je compte bien jouer mon rôle. Des pics et entraves, j’en ai vu, et plus d’un ! Je suis à elle pour toujours, si c’est d’un homme dont elle a besoin.
La broderie de son soutien-à-gorge me frottent la poitrine, maintenant nue. J’use de mon corps pour que le contact soit maximal, nos respiration s’emballent et se mélangent. Nos lèvres serrées mais closes s’ouvrent, nos langues penetrent nos espaces, s’entremêlant, les mains courent.
Nous n’avons pas couru, mais nous respirons fort et c’est sans attendre que je glisse ma main sous sa ceinture. Ses fesses douces me remplissent les paumes, je le la sers plus, je l’étreins. Alors que l’une d’entre elles remonte son dos pour dégrafer son corsage, l’autre vient la serrer plus fort contre moi.

Souffle coupé.
Expiration.
Soupir.
Plaisir.

Sa peau est d’une douceur inimaginable. Je la parcours de long en large pour en prendre la mesure. Son corps se sert et s’éloigne, dans une ondulation frénétique et il me faut quelques efforts pour m’en éloigner et faire sauter ceinture et bouton de son pantalon. De chaussures il n’est plus question et soit elle, soit moi, sur le lit, bascule. Mon sexe en érection ne pense qu’à la pénétration, pourtant, tout mon corps exulte de nos contacts en point multiple. Nous nous serons forts, forts, et de plus en plus forts, si bien que je souhaiterai que mon corps entre en elle.

Un peu de distance. Je revois son regard. Il me traverse les yeux, me chavire l’âme et me transperce le coeur. C’est elle, c’est celle qui…
Je jure.

Ses deux mains sur mes épaules, elle me repousse et je m’écroule sur le lit. A califourchon sur moi, elle me toise et je la toise. Mes paumes se languissent de frôler l’extrémité de ses seins. Dans des mouvements instinctifs et maglré son jean, elle effectue des vas-et-viens avec son bassin sur le mien et, son sourire frappant mon regard, mon désir n’est que plus ardent.
« Enlève ça. Enlève le tiens et enlève le moi »

Je voudrais qu’elle ne soit qu’à moi, je ne voudrais n’être qu’à elle.

Morts, les étoffes, vêtements et autre tissus gisent au sol, loin de nous. Tout notre épiderme est en contact. Je ressens sa chaleur sur tout le corps, chaque parcelle, chaque instant. Sa pilosité m’attise tandis que ma langue se promène sur son épiderme jusqu’à son intimité.

Par petit coup, je frappe à la porte de son antre. C’est son humidité qui me dit, « vas-y, entre ».

Expiration.
Soupir.
Plaisir.
Eternité.

Je sens son sexe descendre sur le mien. Les yeux se ferment, le souffle se coupe, puis revient. Nos vies qui nous séparent, les occasions ratées, les autres, rien n’atténuera ce chemin. Je suis à toi, devant toi, choppe moi.
Elle est sur moi, à califourchon, montante et descendante, à son rythme, la tête levée, nos respiration en harmonie. Nos corps se mélangent, nos regards se fondent, nos langues se cherchent.
Nos gémissements, des appels à l’amour, s’échangent, nos fluides, nos corps s’échangent et se mélangent.

Nous sommes uns, indéfectibles, pour l’éternité.

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