La page blanche

Je me suis toujours demandée: pourquoi dit-on « page blanche » ?

J’imagine que c’est un genre de trac. Celui qu’on retrouve chez les acteurs, par exemple. Avant de monter en scène, les mots tourbillonnant dans le vide, la peur de la huée, de tout mélanger, par quel mot débuter ? Le premier, engageant, qui fera tout commencer. Pour le voyage de l’esprit, le début d’un chemin qui mènera on ne sait pas encore où.

Étrangement, on vire vite au rose, puis au rouge. Les questions, quoi inventer, au juste ? Timidité dans l’encre du stylo. Bizarre, ces deux premières couleurs. On pensait que tout était blanc…

Les joues échauffés, on rêve un peu, alors. Et c’est le bleu. Le passé passe, c’est une touche d’ocre, de jaune. Reviens le vert de l’espoir, le pourpre de l’amour et ses soupirs d’argent, puis un silence… D’or.

La page blanche est d’or.

Face à elle, je vois finalement toutes les teintes que je pourrais, voudrais t’offrir.

Commençons par écrire ensemble la dernière ligne de notre futur roman: j’y vois déjà un arc-en-ciel…

Laisser un commentaire