Récit non achevé – Les repentis

Ce balbutiement de début de commencement de quelque chose d’initial, était l’histoire d’un homme, la trentaine, que j’avais nommé Christopher Dunham.

D’accord, cela me ramène à un ancien pseudo, plutôt mal aimé. Je n’en parlerai pas, si ce n’est évoquerai ce qui, éventuellement, aurait pu être mon seul écrit qui aurait abouti, parce qu’il était une histoire imaginée par Moi seule. J’avais peur de publier sous mon nom.

Je suis sans doute bien prétentieuse, mais va savoir, ça aurait pu fonctionner… J’aime me l’imaginer.

Peut-être était-ce une façon pour moi d’exorciser quelques démons : ce personnage souffrait d’un mal, celui du trouble de la personnalité multiple. Je voulais que son histoire, bien qu’insérée dans une fiction totale, puisse relater un peu mes sentiments par rapport à cette pathologie : le doute, la fragilité, la nervosité, la colère, la dérision. Et puis tout ce panel d’impressions que peut éprouver des personnes qui en sont atteintes. Et tout cela, de façon romancée.

Pour rappel ou pour te faire une chronologie des textes, deux d’entre eux racontaient la visite de Christopher durant mon sommeil et à mon réveil. Il me demandait de l’écrire, de le raconter. C’était le fruit de mon imagination et ce fruit, j’avais peur de le laisser tomber, à savoir que je commence sans arrêt des récits sans jamais aller plus loin. Toujours du « non achevé » au bout de 5 ou 6 épisodes, ce qui est effectivement dommage. Alors j’avais pris mon courage à deux mains et j’avais ébauché le début d’une histoire.

Dunham est pensionnaire d’un hôpital psychiatrique. En deux ou trois paragraphes, on comprend ce dont il souffre : dans sa tête, il n’est pas seul. A part quelques sorties qu’il s’autorise de lui-même le soir dans les jardins de l’hôpital, pour retrouver un « ami » et parler de tout et de rien, il se tient à carreau, semble prendre ses médicaments comme il faut. Il est enfermé là depuis plusieurs années maintenant. L’épisode s’achève alors qu’il se trouve dans le bureau du Professeur qui le suit (et dont j’ai oublié le nom). Il va lui proposer quelque chose.

La suite est un retour en arrière sur les raisons de son internement. Le trouble identitaire étant lié à une douleur profonde refoulée, j’ai imaginé un sujet un peu glauque. Celui d’un enfant abusé par son père durant sa jeunesse, la mère préférant ne rien voir. Un soir de Thanksgiving, secoué par un double qui le suit et n’est que colère, il offre un cadeau à sa mère qui s’avère être une arme à feu. Il obligera la mère à tenir en joug le père pour qu’elle lui demande des comptes sur ses actes. L’arme ne contient qu’une seule balle. Chaque fois la même question. S’il ne répond pas, elle tire. Ca se termine par un coup de feu tuant le père, sans qu’il n’ait avoué ouvertement quoi que ce soit. Christopher s’enfuit en courant de la maison familiale, puis curieusement revient. A partir de ce moment, on comprend qu’il est pris en charge médicalement.

 

Donc voila, on va lui proposer quelque chose au bout de quelques années de bon comportement.

J’ai pensé à une sortie de cet hôpital, à la possibilité pour lui de partager un appartement avec trois autres personnes (un homme plutôt débonnaire, une jeune femme asiatique et un ado très silencieux), toutes en rémission d’un mal, sorties comme lui de l’hôpital en raison d’une stabilité apparente. Mais toujours sous surveillance d’une équipe médicale.

 

Je ne suis pas allée plus loin, je ne sais pas si ça aurait pu être bien. Parfois, j’aimerais bien reprendre ce début d’histoire. Je t’aurais proposé ça comme trame, comme autrefois nous avions commencé les Échos… Si nous avions opté pour le domaine de la fiction. Ou bien, si je m’oblige à un plan, je peux peut-être continuer ( ? )

Je vais par là (mots proposés 1)

Je vais par là et toi, si tu tournes la tête

Bien malencontreusement, choisissant l’autre sens,

Il serait bien possible, peut-être même est-ce un fait,

Que nos lèvres se touchent, par simple inadvertance

 

Un baiser qui dérape vers une pensée secrète

Enfin croquer ta bouche serait ma délivrance

Tes yeux se fermeraient, ma langue serait prête

A inviter ton cœur, à rompre nos silences

 

Un soir de février, nos regards se rencontrent

Se découvrent à nouveau, se lient et se confrontent

Toujours avec douceur, promettant de s’aimer

 

Je revis la caresse de ta main sur ma joue

Nos murmures qui s’étreignent, la fièvre partagée

Toi et Moi immortels et l’Infini du Nous

 

 

 

 

La page blanche

Je me suis toujours demandée: pourquoi dit-on « page blanche » ?

J’imagine que c’est un genre de trac. Celui qu’on retrouve chez les acteurs, par exemple. Avant de monter en scène, les mots tourbillonnant dans le vide, la peur de la huée, de tout mélanger, par quel mot débuter ? Le premier, engageant, qui fera tout commencer. Pour le voyage de l’esprit, le début d’un chemin qui mènera on ne sait pas encore où.

Étrangement, on vire vite au rose, puis au rouge. Les questions, quoi inventer, au juste ? Timidité dans l’encre du stylo. Bizarre, ces deux premières couleurs. On pensait que tout était blanc…

Les joues échauffés, on rêve un peu, alors. Et c’est le bleu. Le passé passe, c’est une touche d’ocre, de jaune. Reviens le vert de l’espoir, le pourpre de l’amour et ses soupirs d’argent, puis un silence… D’or.

La page blanche est d’or.

Face à elle, je vois finalement toutes les teintes que je pourrais, voudrais t’offrir.

Commençons par écrire ensemble la dernière ligne de notre futur roman: j’y vois déjà un arc-en-ciel…

Lendemain 

Exclue de celles que j’aime ou que j’ai tant aimées,

Je mènerai aujourd’hui, une vie triste, détachée,

Faite de très belles musiques, de rêves tristes exaucés

Espérant que demain, amour et intérêts 

Nous conduisent l’un vers l’autre, unisson accordé

Les regrets digérés, nous puissions nous aimer

Récit proche

Pas facile, mais je persévères,
Agile, parfois, je perds mes vers
Nous le payons, on perd sévère,
Dans la grosse pomme, ils percent les vers.

Il y a vingts ans, on s’est plus
On s’écrit et se voit, on se plait,
Je pourrais chaque jour t’appeler,
Mais malgré ça, on ne sait plus.

Tu panses mes mots de l’âme ou
Je vois les choses de l’art venir,
Souhaitant pour nous un avenir,
Nourrir et vivre notre amour.

Tout autant que je suis en vie,
Te donner à toi mon âme, ou
De tout mon être, j’en ai envie,
Vouloir respirer notre amour.

En attendant mon vol

Sur les trottoirs gris anonymes,
Dans cet hôtel blanc espagnol,
Des passants là pantomimes,
Je t’écris et attend mon  vol.
J’ai hâte de te revoir, tu sais,
Je veux t’embrasser comme jamais,
Sentir la peau de celle que j’aime
Celle que tu as toujours été.
Sur mes sentiments, ma douce
Le temps n’a qu’un effet partiel,
Ma bouche effleurera ta bouche,
Tu es toi, unique et Rachel

En capitale

20/11/2015

Ca fait longtemps qu’on se connait,
Toi et moi et combien d’automnes
Faudra-t-il à l’ogre muet,
Pour tuer mes amours atones.

Oh toi, la grande ville capitale,
Paris, les gens que tu avales,
Sais tu au moins qui tu manges ?
Ceux qui en sortent, un jour, se vengent !

Laissés seuls sur le quai d’une gare,
Ils hantent et arpentent tes rues,
Pour nous tu n’as aucun égards,
Tu nous manges et nous recraches, nus.

Où étais-tu?

Et si les noms, sur grand écran,
Défilent dans le noir doucement
Repensant à l’histoire, tu vois,
Les lourds souvenirs d’autre fois

Péripéties, tords redressés,
Prisme opaque que tu étais 
Absente, présente ou bien perdue,
Que dois-je, penser de ce vécu ?

Qu’en était il quand tu disais,
Que mon père à moi tu l’aimais,
Quand vous dormiez dans cette chambre,
Sœur,frère et moi sombrions ensemble.

C’est terminé, le film tout vu,
Comment avons nous tous tenu ?
Notre histoire faite par des menteurs,
M’a protégé de vos malheurs

Je sais bien qu’elle fût ta souffrance
Elle est mienne aujourd’hui je pense
J’y songe souvent, tenant leur mains,
Futures adultes, petits bambins.

J’attend déjà leurs lettres et mots,
Me demandant, comme moi à toi,
Plume de larmes, rivière de sanglots,
« Mais quand est-ce que tu reviendras ? »
 

Troubles

Quand les mots viennent s’écraser en silence
Quand les choses changent tout autour de moi
Quand tu te blindes, figeant la romance,
Quand la vie manque, tout autant que toi